Prise de conscience des enjeux climatiques au sein des laboratoires de l’OMP
En 2019, la communauté scientifique, notamment en astrophysique, a commencé à se préoccuper de l’impact environnemental de ses activités. Cette prise de conscience a conduit à la création du collectif du Labo 1point5, puis à l’institutionnalisation de la réflexion, avec en particulier l’avis du Comité d’éthique du CNRS rendu en 2022, puis les tutelles de l’OMP se sont dotées de schémas stratégiques pour la transition environnementale et sociétale en 2025. Avec certains laboratoires au cœur des études menées par le GIEC, il était évident que l’OMP devait faire son auto-évaluation et chercher des solutions pour réduire l’impact des activités de recherche.
Depuis, beaucoup d’actions ont été menées, à commencer par les bilans carbone détaillés de tous les laboratoires. Ils sont disponibles sur la page dédiée :
https://labo.obs-mip.fr/comecolo
On y découvre que les activités des laboratoires génèrent beaucoup de gaz à effet de serre, ces quantités rapportés au nombre de collaborateurs sont beaucoup plus grandes que la moyenne par habitant en France. Beaucoup d’explications permettent de comprendre pourquoi ces quantités sont si importantes, avec en particulier un poids très important des infrastructures dans le domaine spatial : toutes les phases de construction et de tests des satellites ainsi que la mise en orbite ont un impact très élevé. Mais d’autres secteurs sont aussi très consommateurs, comme c’est le cas des campagnes océanographiques et globalement tous les achats et infrastructures.
Alors, faut-il arrêter de faire de la science ? certainement pas, mais il est nécessaire de prendre conscience des enjeux et se poser les bonnes questions à chaque étape d’un projet.
Cette réflexion est menée en lien avec le collectif du Labo 1point5 pour trouver et mettre en œuvre des actions permettant de réduire l’impact de la recherche.
Parmi les actions menées, on peut citer un gros effort de sensibilisation à travers des fresques du climat, des jeux sérieux comme « Ma Terre en 180 minutes« . Cette sensibilisation est intégrée aux parcours des stagiaires de 3ème et de 2nde sur le site de Toulouse.
Un axe important d’action est démarré autour du développement des analyses de cycle de vie des instruments scientifiques développés à l’OMP. Cela constitue un premier pas vers l’écoconception, une action qui aurait un poids très fort dans la réduction de nos impacts.
Des actions concrètes sont aussi mises en place pour essayer de limiter la consommation énergétique, réduire les achats inutiles ou remplaçables, proposer une mobilité plus responsable aux collaborateurs. Ainsi des référents vélo encouragent à se déplacer à bicyclette en animant des challenges, en faisant venir des réparateurs, en faisant installer plus d’abris. Cette mobilisation fonctionne car aujourd’hui on compte près de 40% de personnes qui viennent travailler à vélo !
Beaucoup de collaborateurs de l’OMP ont bien compris qu’il existe des solutions alternatives à un déplacement pour une réunion ou même des colloques de courte durée. L’avion n’est plus et ne doit plus être un réflexe.
Les actions les plus abouties concernent les aspects de la vie quotidienne des labos mais il est plus difficile d’agir sur le cœur de métier, ce qui nécessite une réflexion plus large sur la façon de faire de la recherche, ainsi que sur le financement de celle-ci.
Malheureusement, cette prise de conscience reste très française et pour l’instant, très peu d’autres pays sont engagées sur cette voie. Espérons que l’exemple inspirera une diffusion plus globale.
Il y a sans doute encore beaucoup à faire mais le chemin est engagé.
