L’activité photosynthétique microbienne dans les tourbières de l’Hémisphère Nord

L’activité photosynthétique microbienne dans les tourbières de l’Hémisphère Nord

1 – Introduction

Les tourbières sont un milieu naturel assez peu connu en France. Elles représentent environ 3% de la surface des terres dans le monde pour seulement 0,2% en France. Elles se forment par décomposition lente et incomplète de la matière organique des végétaux qui composent sa surface vivante, dans un système très humide voire semi-aquatique.

En France, la plupart des tourbières se rencontre en zone montagneuse mais elles occupent aussi de grandes zones humides dans le monde notamment dans les terres froides de l’Hémisphère Nord.

Ces tourbières ont un rôle primordial dans le cycle du carbone terrestre en stockant plus de 30% du carbone retenu dans les sols et constituent ainsi un gigantesque puits de carbone.

2 – Activité microbienne dans les tourbières

Une tourbière, bien que souvent précaire, est un milieu foisonnant de vie, notamment en ce qui concerne les micro-organismes. Certains produisent du dioxyde de carbone par respiration mais beaucoup d’autres participent au stockage de ce gaz lors de la photosynthèse comme c’est le cas de nombreuses micro-algues.

L’impact du réchauffement climatique sur l’activité de ces algues et donc sur la capacité des tourbières à stocker du CO2 a été peu étudié pour l’instant mais une recherche récente par une équipe composée entre autres de chercheurs du CRBE (Centre de Recherche sur la Biodiversité et l’Environnement) montre que la photosynthèse microbienne est stimulée.

Les tourbières abritent une grande diversité de microalgues capables de fixer le carbone de l’atmosphère. Ces microalgues sont sensibles à la hausse des températures. Cette sensibilité conduit à une assimilation de CO2 accrue dans les tourbières nordiques. © Vincent Jassey

Ainsi des projections laissent à penser que le potentiel de stockage des tourbières en ce qui concerne le CO2 pourrait augmenter avec la température.

3 – Un milieu fragile

Une tourbière se développe très lentement sur plusieurs centaines d’années, voire des millénaires. Le rythme très lent de la décomposition organique peut facilement être perturbé par des éléments extérieurs comme des sécheresses prolongées, le piétinement des animaux (et des hommes), une modification de l’apport en eau (déviation de ruisseau par exemple). De plus, dans beaucoup d’endroits, l’Homme a drainé les tourbières pour y développer ses activités (logement, agriculture, élevage…) ou utilise la tourbe comme matière première (chauffage, engrais naturel, …).

Les tourbières constituent donc un milieu naturel fondamental pour l’équilibre de notre planète mais menacé par nos activités. Il convient donc de sensibiliser le plus grand nombre de l’intérêt de les protéger autant que possible.

4 – Article dans l’actualité de l’OMP

https://www.news.obs-mip.fr/le-potentiel-des-tourbieres-a-capturer-du-carbone-revu-a-la-hausse-avec-laugmentation-des-temperatures

5 – Publication scientifique

Microbial photosynthesis mitigates carbon loss from northern peatlands under warming, Samuel Hamard, Sophie Planchenault, Romain Walcker, Anna Sytiuk, Marie Le Geay, Martin Küttim, Ellen Dorrepaal, Mariusz Lamentowicz, Owen Petchey, Bjorn Robroek, Eeva-Stiina Tttila, Maialen Barret, Régis Céréghino, Frédéric Delarue, Jessica Ferriol, Tristan Lafont Rapnouil, Joséphine Leflaive, Gaël Le Roux, Vincent E.J. Jassey, Nature Climate Change, 20/03/2025. DOI: 10.1038/s41558-025-02271-8

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Type de ressources :Médias
Mots clés :BiologieClimat

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